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	<title>Cinéma &amp; Séries Archives - Afrikshow.com</title>
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	<description>African Fresh News</description>
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	<title>Cinéma &amp; Séries Archives - Afrikshow.com</title>
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		<title>Mostra de Venise 2026 : l&#8217;Afrique s&#8217;invite dans (presque) toutes les sélections, de Sissako au Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminafrikshow]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 16:25:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma & Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 2 au 12 septembre 2026, la 83e Mostra de Venise fait la part belle aux cinéastes africains : le Cameroun en compétition Orizzonti, Abderrahmane Sissako en immersif, un classique bissau-guinéen restauré et une pluie de projets en coproduction. Tour d'horizon d'une moisson historique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Chaque fin d&rsquo;été, le Lido de Venise devient le centre de gravité du cinéma mondial. Et pour l&rsquo;édition 2026 de la plus ancienne manifestation cinématographique de la planète, qui se tiendra du 2 au 12 septembre, l&rsquo;Afrique n&rsquo;arrive pas en spectatrice : elle s&rsquo;invite dans presque toutes les sections, du grand concours aux formats immersifs, en passant par les classiques restaurés et les ateliers de coproduction. Un signal fort, à un moment où le continent réclame sa juste place dans les grands rendez-vous du 7e art.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Venise 2026 : l&rsquo;Afrique dans presque toutes les cases</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La 83e Mostra internationale du film ne réserve pas une simple « fenêtre » africaine : elle diffuse des cinéastes et des récits du continent à travers l&rsquo;ensemble de sa programmation. On les retrouve dans la compétition Orizzonti, dédiée aux écritures nouvelles, dans la section Venice Immersive consacrée à la réalité virtuelle et aux expériences, dans Venice Classics qui exhume et restaure les trésors du patrimoine, mais aussi dans les Giornate degli Autori et dans les dispositifs d&rsquo;accompagnement comme le Final Cut in Venice et le Venice Gap-Financing Market. Autant dire que la présence africaine ne se limite plus à quelques exceptions symboliques : elle irrigue la fabrique même du festival, du film abouti jusqu&rsquo;au projet en devenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dissémination raconte une évolution profonde. Longtemps, la visibilité africaine dans les grands festivals se résumait à un ou deux titres brandis comme des étendards. En 2026, la diversité des sections occupées — fiction, immersif, archive, work-in-progress — traduit une industrie qui se structure sur toute la chaîne, de l&rsquo;idée au financement, et dont les talents ne sont plus cantonnés à un seul registre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La Maison du Vent » : le Cameroun en compétition Orizzonti</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le porte-drapeau de cette édition se nomme « La Maison du Vent » (House of the Wind), du réalisateur camerounais Auguste Bernard Kouemo Yanghu, sélectionné dans la compétition Orizzonti. Le film suit une femme âgée qui noue un lien inattendu avec un voisin plus jeune, une relation qui va bouleverser l&rsquo;équilibre de sa famille et transformer son regard sur l&rsquo;existence. Une chronique intime, tout en délicatesse, qui mise sur l&rsquo;émotion et la finesse psychologique plutôt que sur le spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir un long-métrage camerounais concourir dans l&rsquo;une des sections les plus scrutées de Venise n&rsquo;a rien d&rsquo;anecdotique. Orizzonti est le laboratoire des cinémas de demain, l&rsquo;endroit où les festivals guettent les voix qui compteront. Pour le cinéma d&rsquo;Afrique centrale francophone, encore trop rare sur ces terrasses vénitiennes, c&rsquo;est une reconnaissance qui pourrait ouvrir des portes de distribution et attirer les regards des programmateurs du monde entier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sissako en immersif, Flora Gomes en classique restauré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les noms qui font vibrer les cinéphiles du continent figure celui d&rsquo;Abderrahmane Sissako. Le maître mauritanien, révéré depuis « Timbuktu », s&rsquo;aventure cette année du côté de Venice Immersive avec « Artou », une œuvre où une famille s&rsquo;attache à réaliser l&rsquo;ultime volonté d&rsquo;un père défunt : être enterré dans le village ancestral de Mauritanie, aux côtés du sien. Que l&rsquo;un des plus grands auteurs africains explore la réalité immersive en dit long sur la vitalité créative du continent, qui ne se contente pas de suivre les formats établis mais investit les territoires technologiques les plus neufs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mémoire, elle, sera à l&rsquo;honneur dans Venice Classics avec la restauration de « Udju Azul di Yonta » (Les Yeux bleus de Yonta), signé par le Bissau-Guinéen Flora Gomes en 1991. Ce récit d&rsquo;un amour non partagé, sur fond de reconstruction nationale au sortir de la guerre d&rsquo;indépendance de Guinée-Bissau, revient sur grand écran dans une version restaurée. C&rsquo;est tout l&rsquo;enjeu de la préservation du patrimoine cinématographique africain qui se joue là : sauver de l&rsquo;oubli des œuvres fondatrices et les offrir à de nouvelles générations, sur les écrans les plus prestigieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Nigeria et le Maghreb au rendez-vous des talents émergents</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle génération n&rsquo;est pas en reste. Aux Giornate degli Autori, section indépendante et défricheuse, le Nigeria est représenté par « Dear Ajayi » du réalisateur Damilola Orimogunje, une coproduction avec l&rsquo;Allemagne — preuve que le cinéma d&rsquo;auteur nigérian, souvent éclipsé par la puissance industrielle de Nollywood, sait aussi séduire les circuits festivaliers exigeants et tisser des ponts avec l&rsquo;Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maghreb, quant à lui, occupe une place de choix dans les dispositifs d&rsquo;accompagnement. Le Final Cut in Venice, qui aide les films en post-production à trouver leurs derniers financements, réunit notamment « A Quarter to Thursday » de l&rsquo;Algérienne Sofia Djama, « Eldorado, the Taste of the South » du Marocain Alaa Edine Aljem, « Madi Makambu » venu de République démocratique du Congo, « Mehal Sefari » de l&rsquo;Éthiopie et « Plague (Balaa) » du Tunisien Youssef Chebbi. Une cartographie qui embrasse le continent d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre, du Maghreb à la Corne de l&rsquo;Afrique en passant par le bassin du Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversité géographique est en soi un message. Elle rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas « un » cinéma africain mais des cinémas, aux esthétiques et aux préoccupations multiples, du drame social algérien à la fable congolaise. En rassemblant ces voix sous un même toit vénitien, le festival contribue à faire tomber les cloisons entre les industries du continent, souvent isolées les unes des autres par les frontières, les langues et les circuits de distribution. Beaucoup de ces réalisateurs se croiseront, échangeront, tisseront peut-être les coproductions de demain — car c&rsquo;est aussi cela, un grand festival : un lieu de rencontres où naissent les projets futurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nerf de la guerre : financer les films africains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les paillettes du tapis rouge se joue une bataille moins visible mais décisive : celle de l&rsquo;argent. Le Venice Gap-Financing Market, plateforme où les projets en quête de bouclage budgétaire rencontrent investisseurs et coproducteurs, accueille cette année plusieurs sélections africaines. C&rsquo;est là, loin des projecteurs, que se décide concrètement l&rsquo;avenir de films qui, sans ces coups de pouce, ne verraient peut-être jamais le jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce volet est sans doute le plus stratégique pour les cinéastes du continent. Car le talent, l&rsquo;Afrique n&rsquo;en manque pas ; ce qui fait défaut, trop souvent, ce sont les circuits de financement, les coproductions internationales, les mécanismes qui transforment un scénario prometteur en œuvre achevée. En intégrant les projets africains dans ces marchés, Venise ne se contente pas de montrer des films : elle contribue, en amont, à ce qu&rsquo;ils existent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que Venise dit du cinéma africain — et de nous</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le public francophone, de Dakar à Abidjan, cette moisson vénitienne est une source de fierté autant qu&rsquo;un rappel. Fierté de voir des cinéastes du continent dialoguer d&rsquo;égal à égal avec les plus grands, dans toutes les esthétiques et sur tous les supports. Rappel, aussi, que cette reconnaissance internationale doit trouver un prolongement chez nous : combien de ces films sélectionnés à Venise seront visibles dans les salles d&rsquo;Abidjan ou de Yaoundé, sous-titrés et distribués comme ils le méritent ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La 83e Mostra ne se contente pas de célébrer quelques auteurs isolés. Elle dessine le portrait d&rsquo;un cinéma africain pluriel, ancré dans ses mémoires et tourné vers les formes de demain, du récit intime camerounais à l&rsquo;immersif signé Sissako. Reste à faire en sorte que ce rayonnement ne s&rsquo;arrête pas aux rives du Lido, et qu&rsquo;il irrigue enfin, en retour, les écrans du continent. C&rsquo;est peut-être là le plus beau des défis que Venise, cette année encore, tend au cinéma africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources :</strong> <a href="https://afrocritik.com/african-filmmakerstitles-feature-83rd-venice-international-film-festival-lineup/" rel="noopener" target="_blank">Afrocritik — les cinéastes et titres africains de la 83e Mostra</a> ; <a href="https://afrocritik.com/four-african-selections-2026-venice-gap-financing-market/" rel="noopener" target="_blank">Afrocritik — quatre sélections africaines au Venice Gap-Financing Market</a> ; recoupé avec <a href="https://www.screendaily.com/news/venice-film-festival-reveals-2026-lineup/5218820.article" rel="noopener" target="_blank">Screen Daily — le line-up 2026 de Venise</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cinéma ivoirien : la nouvelle vague d&#8217;acteurs qui réveille Babiwood</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Onnis Nathanael Othniel Aghax]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 20:50:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma & Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Shayana Acquah, Emmanuel Romuald Gboko, Gemma Galgani… Portée par la série, une génération de comédiens ivoiriens s'impose et redonne à « Babiwood » toute son ambition. Rencontre avec la relève d'Abidjan.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On les croise sur le petit écran, dans les web-séries qui tournent en boucle sur les téléphones, sur les plateaux qui poussent un peu partout à Abidjan. Ils et elles ont entre vingt et quarante ans, un jeu affûté, et une ambition tranquille : faire du métier de comédien une vraie carrière, pas un passe-temps. Cette nouvelle vague est en train de réveiller « Babiwood », et elle mérite qu&rsquo;on retienne ses noms.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une génération qui monte, portée par la série</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La fiction télévisée ivoirienne vit une décennie faste, et c&rsquo;est elle qui sert de rampe de lancement à cette génération. Le retour de <em>Les Coups de la vie</em> pour une quatrième saison, la longévité de fresques comme <em>Caste, les amours interdites</em> ou <em>Éternel Retour</em>, l&rsquo;explosion de comédies telles que <em>Les Nounous</em> : autant de rendez-vous populaires qui, saison après saison, fabriquent des visages familiers. Là où la génération précédente devait s&rsquo;exiler ou attendre un long-métrage rare, celle-ci trouve dans le feuilleton un atelier permanent, un public fidèle et une visibilité immédiate. Le média a changé de nature, et avec lui le métier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut mesurer l&rsquo;ampleur du basculement. La télévision ivoirienne, longtemps dominée par quelques productions institutionnelles, s&rsquo;est ouverte à une nuée de sociétés privées, de chaînes numériques et de diffuseurs en ligne. Cette multiplication des fenêtres de diffusion a créé un appel d&rsquo;air : il faut sans cesse de nouveaux visages, de nouvelles histoires, de nouveaux talents pour nourrir la demande. Les castings, autrefois rares et confidentiels, se sont démocratisés ; les écoles et ateliers de comédie se multiplient à Abidjan ; et les plateformes sociales servent de vitrine permanente où un inconnu peut, en quelques semaines, devenir une figure suivie par des centaines de milliers d&rsquo;abonnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six visages qui incarnent le renouveau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le média Pulse Côte d&rsquo;Ivoire a récemment dressé le portrait de six comédiens qui « font bouger » le cinéma ivoirien, et la liste résume bien la diversité des parcours. Il y a <strong>Shayana Acquah</strong>, remarquée pour ses interprétations sensibles et maîtrisées dans <em>La Dernière Voix</em>, <em>Les Coups de la vie</em> ou <em>Castes</em> ; <strong>Yedidia Evodie</strong>, passée de la création de costumes au jeu d&rsquo;actrice, désormais à l&rsquo;aise dans les registres les plus variés ; <strong>Emmanuel Romuald Gboko</strong>, révélé par son rôle de « Saxo » dans <em>La Dernière Voix</em> et salué pour sa présence charismatique. À leurs côtés, <strong>Gemma Galgani</strong>, devenue culte grâce à son personnage de « nounou intellectuelle » dans <em>Les Nounous</em> après un parcours né sur le web ; <strong>Malika Traoré</strong>, qui enchaîne les rôles dramatiques exigeants dans <em>Éternel Retour</em> et <em>Caste</em> ; et <strong>Marc Yannick Baudouhat</strong>, dont la popularité doit beaucoup aux séries qui parlent frontalement des réalités sociales du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du digital au grand écran, un chemin devenu naturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces trajectoires ont en commun, c&rsquo;est la porosité entre les mondes. Plusieurs de ces comédiens ont commencé sur les réseaux sociaux ou dans des formats numériques avant de basculer vers la télévision, puis le cinéma. Ce chemin, autrefois improbable, est aujourd&rsquo;hui balisé : une vidéo virale, un personnage récurrent dans une web-série, et la porte des plateaux traditionnels s&rsquo;ouvre. Cette continuité brouille les hiérarchies anciennes entre « vrais » acteurs et créateurs de contenu, et injecte dans la fiction ivoirienne une fraîcheur, une manière de parler et de bouger directement héritées de la culture numérique abidjanaise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette porosité profite tout particulièrement aux femmes. De Shayana Acquah à Malika Traoré en passant par Gemma Galgani, la nouvelle vague fait la part belle à des comédiennes qui refusent les rôles décoratifs pour porter des récits exigeants, incarner des personnages contradictoires, occuper le premier plan. Là où la fiction ivoirienne cantonnait souvent la femme au registre de l&rsquo;épouse ou de la rivale, ces actrices imposent des figures complexes, parfois dérangeantes, toujours vivantes. Ce déplacement du regard, discret mais réel, est l&rsquo;un des acquis les plus précieux de la période.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Babiwood », une marque qui s&rsquo;assume enfin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, le surnom « Babiwood » — contraction de Babi, le nom affectueux d&rsquo;Abidjan, et de Hollywood — a été employé avec une pointe d&rsquo;autodérision, comme pour s&rsquo;excuser d&rsquo;ambitions démesurées. Ce temps semble révolu. La comédienne Cynthia Nassardine résume ce basculement d&rsquo;une formule qui claque : « Je suis aujourd&rsquo;hui un pur produit de Babiwood. » La phrase dit la fierté d&rsquo;une industrie qui n&rsquo;a plus honte de son nom, qui forme ses propres talents et les revendique. Cette assurance nouvelle est peut-être le vrai marqueur de la période : on ne fait plus du cinéma ivoirien en s&rsquo;excusant, on le fait en le nommant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une reconnaissance qui déborde les frontières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement ne reste pas confiné à Abidjan. La présence de huit producteurs ivoiriens au Festival de la fiction de La Rochelle, en France, témoigne d&rsquo;un secteur qui exporte désormais son savoir-faire et cherche des coproductions à l&rsquo;international. Cet appétit pour l&rsquo;ailleurs, conjugué au triomphe récent de figures comme Fat Touré sur la scène panafricaine, dessine un écosystème en train de gagner en maturité : des comédiens formés par la série, des producteurs qui structurent la filière, et une génération qui rêve grand sans renier ses racines. La nouvelle vague n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire de jolis minois : c&rsquo;est une industrie qui apprend, enfin, à se professionnaliser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ouverture internationale nourrit aussi une circulation nouvelle des talents à l&rsquo;échelle ouest-africaine. Les tournages ivoiriens attirent de plus en plus de partenaires du Nigeria, du Bénin ou du Burkina, et les plateformes panafricaines s&rsquo;intéressent aux fictions abidjanaises pour leur langue, leur humour et leur regard particulier sur la modernité urbaine. Pour ces comédiens, cela change tout : un rôle marquant peut désormais s&rsquo;exporter, être vu à Lagos comme à Ouagadougou, et ouvrir des portes que la seule scène nationale n&rsquo;offrait pas. La nouvelle vague grandit ainsi dans un espace élargi, où l&rsquo;accent ivoirien cesse d&rsquo;être une frontière pour devenir une signature.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui se joue pour la suite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n&rsquo;est acquis, bien sûr. Ces comédiens talentueux travaillent encore souvent dans la débrouille, avec des cachets modestes et des tournages menés à l&rsquo;énergie. La question des droits, de la formation, du financement pérenne reste posée, et l&rsquo;histoire du cinéma ivoirien est aussi celle de belles promesses freinées par le manque de moyens. Mais quelque chose a changé dans le regard : le public suit ses acteurs, les célèbre, les réclame d&rsquo;une série à l&rsquo;autre. C&rsquo;est cette relation nouvelle, presque intime, entre une génération d&rsquo;interprètes et son public qui constitue le meilleur capital de « Babiwood ». Si l&rsquo;industrie parvient à transformer cet attachement en structures solides, alors Shayana Acquah, Emmanuel Romuald Gboko, Gemma Galgani et les autres ne seront pas seulement les visages d&rsquo;un moment : ils seront ceux d&rsquo;un cinéma ivoirien qui, enfin, dure.</p>
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		<title>Durban lève le rideau : le 47e Festival international du film ouvre la plus grande fête du cinéma d&#8217;Afrique australe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminafrikshow]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:43:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma & Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 23 juillet, Durban ouvre la 47e édition de son Festival international du film. Onze jours et trente-quatre films en compétition pour le plus ancien rendez-vous cinéma d'Afrique australe.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ce jeudi 23 juillet, Durban rallume ses projecteurs. La ville portuaire du KwaZulu-Natal ouvre la 47e édition de son Festival international du film, le plus ancien et le plus vaste rendez-vous cinématographique d&rsquo;Afrique australe. Onze jours durant, jusqu&rsquo;au 2 août, plus de cinquante films venus du continent et du monde vont se disputer les regards d&rsquo;un public qui, à Durban, a pris l&rsquo;habitude de faire et défaire les réputations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival international du film de Durban (DIFF) n&rsquo;est pas un nouveau venu. Porté depuis près d&rsquo;un demi-siècle par le Centre for Creative Arts de l&rsquo;université du KwaZulu-Natal, il a vu défiler des générations entières de cinéastes africains, dont beaucoup ont fait leurs premières armes sur ses écrans avant de rayonner à Cannes, à Berlin ou à Toronto. « Depuis 1979, cette initiative présente chaque année plus d&rsquo;une centaine de films mondiaux et africains », rappellent les organisateurs, qui revendiquent le titre de doyen des festivals de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette longévité n&rsquo;a rien d&rsquo;anecdotique. Dans un paysage où les grands rendez-vous du cinéma africain se comptent sur les doigts d&rsquo;une main — le FESPACO de Ouagadougou, le Caire, Marrakech, Carthage — Durban occupe une place à part : celle d&rsquo;un laboratoire tourné vers la création émergente, où l&rsquo;on vient autant pour découvrir des premiers films que pour signer des coproductions. La manifestation est d&rsquo;ailleurs qualifiante pour les Oscars dans la catégorie court métrage, un sésame précieux pour de jeunes réalisateurs sud-africains en quête de reconnaissance internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de l&rsquo;édition 2026 bat au rythme de trente-quatre films en lice, répartis entre longs métrages de fiction et documentaires. L&rsquo;Afrique du Sud, pays hôte, place à elle seule plus de vingt titres dans la sélection globale, tandis que quinze longs métrages panafricains et internationaux et onze documentaires venus d&rsquo;ailleurs complètent une programmation résolument tournée vers le Sud global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les fictions sud-africaines qui font parler d&rsquo;elles avant même la première projection : <em>Themba</em>, de Luthando Mngomezulu, plongée dans le deuil et le mariage après un drame familial ; <em>Protea</em>, de Desmond Denton, curiosité post-apocalyptique tournée en afrikaans dans un Cape Town dévasté ; ou encore <em>Dance With Me</em>, de Romanuse Lindelani Langa, qui puise dans l&rsquo;énergie d&rsquo;une compétition de gumboots, cette danse née dans les mines et devenue emblème culturel. Côté documentaire, <em>After Oil</em>, de Boima Tucker, ausculte la transition énergétique et ses effets sur les communautés africaines, tandis que <em>Fosta</em> dresse le portrait d&rsquo;un ancien membre de gang trouvant sa rédemption dans la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sélection ne se limite pas aux frontières sud-africaines. Quinze longs métrages panafricains et internationaux élargissent l&rsquo;horizon, avec des œuvres venues notamment d&rsquo;Ouganda, preuve que Durban continue de jouer son rôle de carrefour où l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, de l&rsquo;Ouest et du Nord viennent croiser leurs regards. Cette porosité des frontières est le vrai luxe du festival : à Durban, un cinéaste de Kampala peut trouver un producteur du Cap, et un documentariste de Lagos repartir avec un distributeur européen sous le bras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si un fil rouge se dégage de cette cuvée, c&rsquo;est bien celui de l&rsquo;intime confronté à la grande histoire. La programmation met en avant « des parcours personnels, des réconciliations avec le passé, des transitions environnementales, des réalités sociales et la résilience humaine », résume le directeur du festival Sakhile Gumede, qui assume une ligne guidée par l&rsquo;inclusivité (<a href="https://tvmzansi.co.za/diff-2026-unveils-powerful-feature-film-and-documentary-line-up/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TV Mzansi</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche dit quelque chose de la maturité du cinéma continental. Là où l&rsquo;on attendait autrefois des œuvres à message, frontales et démonstratives, une nouvelle génération de réalisateurs préfère désormais raconter l&rsquo;Afrique par le prisme des existences ordinaires : un couple qui se défait, une femme qui recommence sa vie dans une autre ville, un homme qui cherche à se réinventer. Le politique n&rsquo;a pas disparu, mais il affleure sous la peau des personnages plutôt qu&rsquo;il ne s&rsquo;affiche en slogans. C&rsquo;est peut-être la plus belle victoire d&rsquo;un festival qui a toujours parié sur les auteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire, souvent parent pauvre des grands festivals, occupe ici une place de choix, avec onze titres internationaux en lice aux côtés des productions africaines. Ce n&rsquo;est pas un hasard : à Durban, le réel est une matière noble. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de transition énergétique, de rédemption par la musique ou de mémoire des communautés, ces films assument de documenter un continent en pleine mutation, sans le figer dans les clichés du misérabilisme ou de la carte postale. Ils constituent, mine de rien, une archive vivante de l&rsquo;Afrique contemporaine, celle que les journaux télévisés n&rsquo;ont pas le temps de raconter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durban ne se contente pas de projeter des films : le festival se double d&rsquo;un vaste programme industriel. Le volet Isiphethu, gratuit, met en relation les cinéastes sud-africains émergents avec des professionnels aguerris ; des ateliers d&rsquo;écriture de scénario en isiZulu entendent réconcilier création et langues locales, quand une résidence de festival accompagne les projets en développement. Autant de dispositifs qui font de la manifestation un point de passage obligé pour qui veut monter un film en Afrique australe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension prend un relief particulier en 2026. La fermeture, quelques mois plus tôt, de la plateforme premium Showmax par Canal+ a laissé un vide béant dans le financement et la diffusion des séries et films africains haut de gamme. Dans ce contexte de fragilité, des rendez-vous comme Durban deviennent des bouées : ils offrent aux créateurs une visibilité que le marché du streaming, plus volatil que jamais, ne garantit plus. Voir affluer les coproductions internationales ancrées en Afrique du Sud, comme le souligne la sélection de cette année, est à cet égard un signal encourageant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival n&rsquo;ignore pas non plus l&rsquo;économie du secteur. En marge des projections, les rencontres professionnelles font office de bourse aux projets, où scénaristes, producteurs et financiers négocient les films de demain. C&rsquo;est souvent là, loin des tapis et des flashs, que se décide l&rsquo;avenir concret d&rsquo;une industrie qui peine encore à transformer son foisonnement créatif en modèle viable. Pour de jeunes réalisateurs africains, décrocher un rendez-vous à Durban peut valoir davantage qu&rsquo;une salve d&rsquo;articles élogieux : c&rsquo;est la promesse, parfois, d&rsquo;un second film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fidèle à son ADN, le DIFF refuse de se replier sur un entre-soi de professionnels. Si les séances du Suncoast CineCentre s&rsquo;accompagnent d&rsquo;un modeste droit de réservation, une partie de la programmation se déploie dans des salles communautaires gratuites, disséminées à travers Durban, sur simple réservation. L&rsquo;idée : que le cinéma aille vers les quartiers plutôt que d&rsquo;attendre que les quartiers viennent à lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le public ouest-africain et de la diaspora qui suit AFRIKSHOW, l&rsquo;édition 2026 mérite qu&rsquo;on y prête l&rsquo;œil de loin : les palmarès de Durban donnent souvent le la des mois à venir, et plus d&rsquo;un film primé sur les rives de l&rsquo;océan Indien finit par tourner dans les festivals d&rsquo;Abidjan, de Dakar ou de Cotonou. Les noms qui s&rsquo;imposeront d&rsquo;ici au 2 août sont peut-être ceux que l&rsquo;on s&rsquo;arrachera demain sur tout le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouvrant sa 47e édition ce 23 juillet, Durban rappelle une évidence trop souvent oubliée : le cinéma africain n&rsquo;a pas besoin qu&rsquo;on le découvre, il n&rsquo;attend qu&rsquo;on le regarde. Entre fictions intimistes, documentaires engagés et dispositifs d&rsquo;accompagnement des jeunes auteurs, le festival trace, onze jours durant, le portrait d&rsquo;un continent qui filme sa complexité sans jamais renoncer à l&rsquo;émotion. Rendez-vous le 2 août pour le verdict — mais l&rsquo;essentiel, à Durban, se joue déjà dans les salles.</p>
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		<title>« Zikoko Life » revient : comment une rédaction web réinvente le récit nollywoodien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminafrikshow]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:08:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma & Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 25 juillet, l'anthologie nigériane « Zikoko Life » revient sur YouTube pour une saison 2. Trois films, des histoires de femmes et un modèle qui réinvente le Nollywood loin des salles.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/26a0.png" alt="⚠" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> IMAGE MANQUANTE</strong> — [Bloc image + repli catégorie « Culture »] · Visuel conseillé : affiche officielle ou photogramme « first-look » de <em>Zikoko Life</em> saison 2 (droits presse Big Cabal Media / Bluhouse Studios), format paysage ≥ 1200 px. ALT : « L&rsquo;anthologie nigériane Zikoko Life, saison 2, sur YouTube ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aura suffi de trois courts films et d&rsquo;un an de patience. Ce samedi 25 juillet, l&rsquo;anthologie nigériane <em>Zikoko Life</em> revient sur YouTube pour une deuxième édition très attendue. Née dans les colonnes d&rsquo;un média en ligne culte de la jeunesse ouest-africaine, la série incarne à elle seule une petite révolution : celle d&rsquo;un Nollywood qui se réinvente loin des salles obscures, à hauteur d&rsquo;écran de téléphone.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l&rsquo;article viral au film viral</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d&rsquo;être une série, <em>Zikoko Life</em> fut une signature. Le média Zikoko, porté par le groupe Big Cabal Media, s&rsquo;est bâti une réputation en racontant, avec humour et sans fard, le quotidien des jeunes Nigérians : l&rsquo;amour, l&rsquo;argent, la famille, les petites hontes et les grandes espérances d&rsquo;une génération connectée. Adapter ces récits en images relevait d&rsquo;une évidence autant que d&rsquo;un pari. La première édition, lancée en 2025, a transformé l&rsquo;essai : ses trois films ont cumulé plus de 1,48 million de vues sur YouTube, salués pour leur écriture « émotionnellement ancrée » et leur cohérence artistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce chiffre n&rsquo;est pas qu&rsquo;une statistique flatteuse. Il valide un modèle : celui d&rsquo;un contenu premium, soigné, mais gratuit et directement accessible, qui court-circuite les barrières traditionnelles de la distribution. Là où un film nollywoodien devait autrefois espérer une sortie en salle ou une place dans le catalogue d&rsquo;une plateforme payante, <em>Zikoko Life</em> arrive directement dans la poche de son public, sans péage ni abonnement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois histoires, trois voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La saison 2 déploie de nouveau un triptyque. <em>Siraam</em>, réalisé par Uzoamaka Power et porté par l&rsquo;actrice montante Genoveva Umeh, explore l&rsquo;amour, la sexualité et la quête de soi. <em>Before We Fall Asleep</em>, signé Kaelo Iyizoba sur un scénario de Blessing Uzzi, suit un couple — incarné par Tobi Bakre, Onyinye Odokoro et la vétérane Rita Edochie — dont la relation se fissure au fil de dynamiques mouvantes. Enfin, <em>A Happy Ending</em>, écrit et réalisé par Dika Ofoma avec Ifeoma Obinwa et Ruby Okezie, se veut un hommage assumé au Nollywood classique, à travers le portrait d&rsquo;une femme qui recommence sa vie dans une nouvelle ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil conducteur saute aux yeux : ce sont des histoires de femmes, racontées avec une attention rare aux nuances du sentiment. La série assume de placer au centre des existences féminines longtemps reléguées aux marges du récit populaire, non pour en faire des symboles, mais des personnages de chair, drôles et faillibles. Dans un paysage audiovisuel où la représentation reste un enjeu, ce parti pris fait figure de manifeste doux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix éditorial prolonge celui de la première édition, largement reçue comme un manifeste en faveur du bonheur féminin. La critique nigériane y avait salué une anthologie « centrée sur les femmes » qui réhabilite le droit de ses héroïnes à la joie, loin des trames misérabilistes ou moralisatrices. En reconduisant ce cap tout en variant les tonalités — de la comédie douce-amère au drame conjugal —, la saison 2 confirme une ligne claire : filmer les femmes africaines comme des sujets pleins, jamais comme des faire-valoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le casting, lui aussi, raconte une époque. Genoveva Umeh, révélée par une série remarquée, s&rsquo;est imposée en deux ans comme l&rsquo;un des visages les plus prometteurs de sa génération ; Tobi Bakre, passé de la téléréalité au grand écran, incarne cette porosité nouvelle entre notoriété populaire et ambition d&rsquo;auteur ; et la présence de Rita Edochie, figure respectée du Nollywood classique, tisse un pont entre les âges de l&rsquo;industrie. Réunir ces trois-là, c&rsquo;est afficher une conviction : la relève et la mémoire du cinéma nigérian peuvent tenir dans un même plan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fabrique éditoriale devenue studio</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la caméra, l&rsquo;aventure est celle d&rsquo;une maison de médias qui se mue en studio. Créée et produite par Anita E. Eboigbe pour Big Cabal Media, l&rsquo;anthologie est mise en œuvre par Blessing Uzzi et Bluhouse Studios, qui en assurent la production et la direction. Ce mariage entre une rédaction rompue à l&rsquo;art de capter l&rsquo;air du temps et une équipe de cinéma aguerrie donne à la série sa signature : des sujets repérés au plus près du réel, traités avec les moyens de la fiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« La première édition nous a appris que le public a faim d&rsquo;histoires honnêtes et ancrées », confie Anita E. Eboigbe (<a href="https://whatkeptmeup.com/nigerian-film-news/exclusive-big-cabal-media-sets-july-25-return-for-zikoko-life-second-edition-reveals-first-look/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">What Kept Me Up</a>), expliquant que cette confiance a permis à l&rsquo;équipe d&rsquo;oser expérimenter tout en gardant au centre des personnages reconnaissables. Cette phrase résume la méthode : ne pas prendre le spectateur de haut, mais lui tendre un miroir dans lequel il se reconnaît.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pari du format court et gratuit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;heure où le streaming premium traverse une zone de turbulences en Afrique — la fermeture de Showmax par Canal+ en début d&rsquo;année a rappelé la fragilité du modèle payant —, la stratégie de <em>Zikoko Life</em> détonne par son bon sens. Miser sur YouTube, c&rsquo;est choisir la plateforme la plus massivement utilisée du continent, celle où la data est la moins chère et où l&rsquo;audience se trouve déjà. Le format anthologique, fait de récits autonomes de quelques dizaines de minutes, épouse parfaitement les usages d&rsquo;une jeunesse qui consomme par fragments, entre deux trajets, sur un écran de smartphone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle interroge, aussi. Comment financer durablement des productions de qualité quand le contenu est offert ? La réponse se dessine du côté du branded content, des partenariats et de la marque média, plus que de la billetterie ou de l&rsquo;abonnement. Big Cabal Media, en transformant son capital éditorial en capital narratif, esquisse une voie que beaucoup de créateurs ouest-africains observent avec attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Zikoko Life</em> n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas un cas isolé. Depuis quelques saisons, YouTube est devenu le véritable épicentre d&rsquo;un Nollywood parallèle, où des studios indépendants publient longs métrages, mini-séries et anthologies en accès libre, cumulant des millions de vues sans passer par les circuits traditionnels. Ce Nollywood-là est plus jeune, plus urbain, plus prompt à parler des sujets que la production grand public contourne encore. En s&rsquo;y inscrivant avec une exigence de mise en scène et d&rsquo;écriture, l&rsquo;anthologie de Big Cabal tire l&rsquo;ensemble vers le haut et prouve que « gratuit » ne rime pas forcément avec « bâclé ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un signal pour toute la création ouest-africaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le public d&rsquo;Abidjan, de Dakar, de Lomé ou de Cotonou, le retour de <em>Zikoko Life</em> dépasse le simple événement nollywoodien. Il montre qu&rsquo;une nouvelle génération de conteurs africains n&rsquo;attend plus la bénédiction des grands diffuseurs pour exister : elle produit, publie et touche son public en direct, avec une exigence de qualité qui n&rsquo;a rien à envier aux séries importées. La frontière entre média, studio et réseau social s&rsquo;efface, et c&rsquo;est peut-être là que se joue l&rsquo;avenir du récit populaire sur le continent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;il faut retenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec sa deuxième saison lancée le 25 juillet, <em>Zikoko Life</em> confirme qu&rsquo;un récit africain intime, féminin et gratuit peut rivaliser d&rsquo;ambition avec les productions les plus dotées. En trois films, l&rsquo;anthologie raconte moins des destins exceptionnels que des vies ordinaires magnifiées — et rappelle, au passage, que la révolution du Nollywood se joue aujourd&rsquo;hui autant sur YouTube que dans les salles. À suivre, écran allumé.</p>

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