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	<title>Économie Archives - Afrikshow.com</title>
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	<description>African Fresh News</description>
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	<title>Économie Archives - Afrikshow.com</title>
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		<title>Les grands salons agricoles d&#8217;Afrique : SARA, SIAM et le calendrier agro</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Onnis Nathanael Othniel Aghax]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 19:33:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Agenda Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>SIAM de Meknès, SARA d'Abidjan, Nampo, FIARA : le calendrier des grands salons agricoles d'Afrique et les enjeux du secteur agro.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;agriculture emploie une large part de la population active du continent et concentre les plus grands espoirs de croissance et de souveraineté alimentaire. Chaque année, de grands salons rassemblent producteurs, éleveurs, industriels, chercheurs et décideurs pour exposer machines, semences, races animales et innovations. Du géant marocain de Meknès à la locomotive ivoirienne d&rsquo;Abidjan, voici le calendrier des rendez-vous agricoles à ne pas manquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le SIAM, géant de Meknès</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Impossible de commencer ailleurs qu&rsquo;au <strong>Salon international de l&rsquo;agriculture au Maroc (SIAM)</strong>, à Meknès. Créé en 2006 et placé sous le haut patronage royal, il se tient chaque année en avril et revendique le titre de <a href="https://www.fr.heuredujournal.com/siam-2026-meknes-accueille-le-plus-grand-salon-agricole-dafrique/">« plus grand salon agricole d&rsquo;Afrique »</a>, avec plus d&rsquo;un million de visiteurs attendus, des centaines d&rsquo;exposants et des délégations venues de dizaines de pays. L&rsquo;édition 2026, prévue du 21 au 27 avril, met à l&rsquo;honneur le Portugal comme pays invité et fait la part belle à l&rsquo;innovation, à la résilience climatique et aux produits du terroir portés par les coopératives locales. Le SIAM couvre toute la chaîne de valeur, de la production végétale et animale à l&rsquo;agro-industrie et à l&rsquo;<em>agritech</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le SARA, locomotive ouest-africaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique de l&rsquo;Ouest, le <strong>Salon international de l&rsquo;agriculture et des ressources animales (SARA)</strong> d&rsquo;Abidjan s&rsquo;est imposé comme le grand rendez-vous régional. Organisé depuis la fin des années 1990, il se déploie sur plus de douze hectares et attend jusqu&rsquo;à 450 000 visiteurs et plus de 800 exposants venus d&rsquo;une trentaine de pays d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Europe, d&rsquo;Asie et d&rsquo;Amérique. Élevage, pêche, machinisme, financement agricole, transformation : le SARA se veut la principale plateforme de rencontres et d&rsquo;échanges entre les acteurs du secteur en Afrique de l&rsquo;Ouest. Il joue aussi un rôle diplomatique et commercial, avec des pays et des institutions invités qui y signent partenariats et contrats.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nampo et l&rsquo;Afrique australe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;hémisphère sud, le <strong>Nampo Harvest Day</strong> de Bothaville, en Afrique du Sud, est une référence mondiale du machinisme agricole. Organisé chaque mois de mai par Grain SA, il est considéré comme le plus grand salon agricole en plein air de l&rsquo;hémisphère sud, avec des dizaines de milliers de visiteurs venus voir tracteurs géants, moissonneuses et démonstrations grandeur nature. L&rsquo;Afrique australe compte d&rsquo;autres rendez-vous majeurs, notamment autour de la mécanisation, de l&rsquo;irrigation et de l&rsquo;agrobusiness, qui attirent investisseurs et exploitants commerciaux de toute la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">FIARA et les foires agro de l&rsquo;Ouest</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le calendrier ouest-africain ne se limite pas au SARA. À Dakar, la <strong>Foire internationale de l&rsquo;agriculture et des ressources animales (FIARA)</strong> met chaque année l&rsquo;accent sur l&rsquo;agriculture familiale, la consommation de produits locaux (« consommer local ») et l&rsquo;accès des petits producteurs au marché. Le <strong>Nigeria</strong>, le <strong>Ghana</strong>, le <strong>Mali</strong> ou le <strong>Cameroun</strong> organisent eux aussi foires et journées agricoles, souvent adossées aux ministères de tutelle et aux organisations de producteurs. Ces manifestations, plus modestes que le SIAM, sont essentielles pour les millions d&rsquo;exploitants familiaux qui nourrissent le continent au quotidien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ces salons comptent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces salons dépassent la simple exposition. Ils sont un thermomètre des grands défis agricoles africains : nourrir une population qui pourrait doubler d&rsquo;ici 2050, réduire une facture d&rsquo;importations alimentaires qui pèse des dizaines de milliards de dollars, mécaniser sans détruire l&#8217;emploi, et attirer une jeunesse qui boude parfois les champs. On y parle de plus en plus d&rsquo;<em>agritech</em> — capteurs, drones, applications de conseil, paiement mobile pour les intrants —, d&rsquo;agriculture climato-intelligente et de financement. Pour les start-up du secteur, décrocher un stand est un tremplin ; pour les États, c&rsquo;est une vitrine de leur politique agricole et un aimant à investisseurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En pratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que vous soyez exploitant, investisseur, étudiant ou simple curieux, ces salons se visitent avec méthode : repérez les jours « grand public » et les journées « professionnelles », inscrivez-vous en ligne quand c&rsquo;est possible, et ciblez les conférences et rencontres B2B qui vous intéressent. Avril (SIAM) et mai (Nampo) sont des mois clés ; le SARA se tient généralement en fin d&rsquo;année. Pour ne rien manquer, suivez nos rubriques <a href="https://afrikshow.com/category/agenda-evenements/">Agenda Événements</a>, <a href="https://afrikshow.com/category/economie/">Économie</a> et <a href="https://afrikshow.com/category/economie/economie-agriculture/">Agriculture</a>.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" />



<h3 class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/26a0.png" alt="⚠" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Image à la une à ajouter</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Aucune image libre de droits pertinente n&rsquo;est disponible en médiathèque. Suggestion : photo d&rsquo;un stand ou d&rsquo;une démonstration de machinisme/élevage lors d&rsquo;un salon agricole (SIAM, SARA, Nampo), sous licence libre. Repli : visuel générique AFRIKSHOW « Agenda Événements ». À défaut d&rsquo;une image pertinente et libre de droits, mieux vaut publier sans image à la une qu&rsquo;avec un visuel sans rapport. Vérifier les droits d&rsquo;auteur avant toute mise en ligne.</em></p>
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		<title>Or : le Ghana dépasse les 20 milliards de dollars d&#8217;exportations en 2025 et mise sur la transformation locale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminafrikshow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 16:35:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique de l'Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Marchés & Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Exportations]]></category>
		<category><![CDATA[Ghana]]></category>
		<category><![CDATA[Ghana Gold Board]]></category>
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		<category><![CDATA[Mines]]></category>
		<category><![CDATA[Or]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Ghana a exporté près de 20 milliards de dollars d'or en 2025. Accra veut désormais transformer davantage sur place, entre réformes minières et tensions avec les investisseurs.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="768"  alt="Lingots d'or empilés symbolisant la richesse et la prospérité" class="wp-image-102"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-1024x768.jpg" srcset="https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-1024x768.jpg 1024w, https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-300x225.jpg 300w, https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-768x576.jpg 768w, https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-1536x1152.jpg 1536w, https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-2048x1536.jpg 2048w, https://afrikshow.com/wp-content/uploads/2026/07/pexels-pixabay-47047-200x150.jpg 200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Ghana, premier producteur d&rsquo;or d&rsquo;Afrique, a exporté près de 20 milliards USD de métal jaune en 2025. (Photo : Pixabay / Pexels, licence CC0)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Porté par un métal jaune qui pèse près des deux tiers de ses recettes extérieures, le Ghana veut désormais transformer sa production sur place plutôt que d&rsquo;exporter du brut. Un pari de souveraineté minière qui doit se faire sans effrayer les investisseurs.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier producteur d&rsquo;or du continent africain, le Ghana a franchi un cap symbolique en 2025 : ses exportations aurifères ont approché les 20 milliards de dollars, un niveau record qui redessine l&rsquo;équilibre économique du pays. Fort de cette manne, Accra affiche désormais une ambition claire — capter une plus grande part de la valeur en développant le raffinage et la transformation locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation a été défendue le 8 juillet 2026 à Paris, lors du panel de clôture du sommet <em>Mining on Top Africa</em>, par Theophilius Kekeli Agbenezi, responsable principal du suivi et de l&rsquo;évaluation à la Commission des minéraux du Ghana. Selon lui, le pays ne peut plus se contenter d&rsquo;expédier ses minerais à l&rsquo;état brut : l&rsquo;enjeu, désormais, est celui de la souveraineté sur les ressources, à travers l&rsquo;investissement dans le traitement, le raffinage et la fonderie sur le sol ghanéen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rente aurifère au cœur des comptes extérieurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres publiés par la Banque du Ghana donnent la mesure du phénomène. En 2025, les recettes totales d&rsquo;exportation du pays ont atteint 31,1 milliards de dollars, contre environ 19,1 milliards un an plus tôt. Cette envolée s&rsquo;explique avant tout par le doublement des exportations d&rsquo;or, qui ont culminé autour de 20,9 milliards de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : le Ghana a dégagé un excédent commercial d&rsquo;environ 13,66 milliards de dollars sur l&rsquo;année, alimenté principalement par l&rsquo;or mais aussi par le cacao et le pétrole. D&rsquo;après Fitch Solutions, le métal jaune a représenté près de 75 % des exportations de marchandises du pays en 2025, faisant du secteur un véritable amortisseur face aux chocs géopolitiques et à la volatilité du cedi, la monnaie nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Fonds monétaire international confirme le poids du secteur : le Ghana figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux, avec une production dépassant 4,5 millions d&rsquo;onces en 2024, soit une part importante de son PIB.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réformes profondes et bras de fer avec les investisseurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour capter une part plus large de cette richesse, le gouvernement a engagé une refonte de la gouvernance minière : retrait de certains permis, recours à l&rsquo;arbitrage international et création d&rsquo;un organisme public dédié au commerce de l&rsquo;or.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette structure, le <strong>Ghana Gold Board</strong>, centralise les achats d&rsquo;or et applique le droit de préemption de l&rsquo;État sur une partie de la production des grandes mines — au moins 0,57 tonne par semaine, selon les orientations du ministère des Finances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un premier jalon a été posé fin avril 2025, avec un accord conclu entre le Gold Board et neuf grandes compagnies minières. Celui-ci prévoit la livraison locale de 20 % de l&rsquo;or destiné à l&rsquo;exportation, afin d&rsquo;approvisionner l&rsquo;État et de renforcer la traçabilité de la filière. Fin 2025, les exportations des grands groupes miniers atteignaient 96,6 tonnes, valorisées à près de 9,2 milliards de dollars, tandis que l&rsquo;or artisanal capté par le Gold Board générait plus de 10 milliards de dollars de devises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette reprise en main ne va toutefois pas sans tensions. Certains acteurs du secteur, à l&rsquo;image de James Wallbank, associé gérant du fonds Ibaera Capital Mining Fund, mettent en garde : le retrait de licences, les litiges juridiques et les conflits avec les autorités écornent la réputation du pays. Pour ramener les capitaux internationaux, plaide-t-il, l&rsquo;État doit clarifier le cadre réglementaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pari de l&rsquo;industrialisation et des incitations ciblées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l&rsquo;or, Accra construit une stratégie d&rsquo;industrialisation plus large. Le pays s&rsquo;appuie notamment sur la Ghana Integrated Aluminium Development Corporation (GIADEC) et la Ghana Integrated Iron and Steel Development Corporation (GIISDEC) pour accroître la valeur ajoutée locale dans ses chaînes minières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rendre le secteur plus attractif, le gouvernement a également annoncé plusieurs mesures incitatives, dont la suppression de la TVA de 15 % appliquée aux activités d&rsquo;exploration et de reconnaissance minières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La capacité du Ghana à préserver des excédents commerciaux solides en 2026 et 2027 dépendra largement de sa faculté à maintenir les recettes aurifères autour des 20 milliards de dollars atteints en 2025, tout en montant progressivement en puissance sur le raffinage. Les premiers signaux sont encourageants : à fin avril 2026, l&rsquo;or avait déjà généré plus de 6,86 milliards de dollars d&rsquo;exportations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un programme de préemption soumis au Parlement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Devant les députés, le ministre des Finances a détaillé un dispositif fondé sur le droit de préemption de l&rsquo;État, qui prévoit l&rsquo;achat d&rsquo;un minimum de 0,5 tonne d&rsquo;or par semaine auprès des mines industrielles. L&rsquo;objectif affiché : mobiliser plus de 20 milliards de dollars de devises par an grâce aux ventes d&rsquo;or.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Piloté sur un horizon de trois ans, le programme combinera achats auprès des grandes mines et collecte renforcée d&rsquo;or artisanal — de quoi accroître encore le poids du métal jaune dans les flux de change du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable test viendra début 2027, lorsque la Banque du Ghana publiera ses données annuelles pour 2026. Ces statistiques diront si Accra a réussi à franchir durablement, ou simplement à stabiliser, le cap symbolique des 20 milliards de dollars de recettes aurifères.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sources : Banque du Ghana (rapport de politique monétaire, janvier 2026), FMI, Fitch Solutions, Ghana Gold Board, Ghana News Agency, Parlement du Ghana, Africa24.</em></p>
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		<title>Notation souveraine : pourquoi l&#8217;Afrique emprunte plus cher que son risque réel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joel Kouadio]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois agences occidentales décident du taux auquel les États africains empruntent. Leurs divergences, parfois spectaculaires, relancent un débat de fond : le continent paie-t-il pour son risque ou pour la perception qu'on en a ?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Un cran de notation en moins, et ce sont des dizaines de millions de dollars d&rsquo;intérêts supplémentaires à payer chaque année. Trois agences installées à New York et à Londres — Moody&rsquo;s, S&amp;P Global et Fitch Ratings — déterminent en grande partie le prix auquel les États africains accèdent aux marchés financiers. Depuis deux ans, leurs verdicts font l&rsquo;objet d&rsquo;une contestation de plus en plus structurée sur le continent. Le débat n&rsquo;a rien d&rsquo;académique : il porte sur le coût du financement des routes, des hôpitaux et des centrales électriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une notation souveraine évalue la capacité et la volonté d&rsquo;un État à rembourser sa dette. Elle s&rsquo;appuie sur des dizaines d&rsquo;indicateurs : croissance, niveau d&rsquo;endettement, recettes fiscales, réserves de change, mais aussi qualité des institutions et stabilité du cadre réglementaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces notes ne restent pas dans les rapports. Les fonds de pension, les assureurs et les gestionnaires d&rsquo;actifs les utilisent quotidiennement, et beaucoup d&rsquo;entre eux ont l&rsquo;interdiction statutaire d&rsquo;acheter des titres en dessous d&rsquo;un certain seuil. Une dégradation peut donc évincer mécaniquement un pays de tout un segment d&rsquo;investisseurs, indépendamment de ses fondamentaux réels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas d&rsquo;Afreximbank a marqué les esprits. Entre juin 2025 et juin 2026, les trois grandes agences sont parvenues à des appréciations sensiblement différentes de la solvabilité de la banque panafricaine d&rsquo;import-export. Fitch l&rsquo;a dégradée à deux reprises, de BBB à BBB- puis à BB+, avant de cesser de la noter après résiliation du contrat. L&rsquo;Union africaine a publiquement contesté le bien-fondé de ces décisions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre épisode instructif : en août 2024, Fitch abaissait la note de Dangote Industries en invoquant les risques liés au chantier de la raffinerie de Lekki. Deux ans plus tard, l&rsquo;installation tourne au-dessus de sa capacité nominale et a rééquilibré la balance commerciale nigériane. L&rsquo;agence avait mal estimé le dossier, et sa décision avait renchéri le financement du projet au moment où il en avait le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que deux analystes divergent n&rsquo;a rien d&rsquo;anormal. Qu&rsquo;ils divergent de plusieurs crans sur un même émetteur suggère en revanche que la part de jugement subjectif dans la méthode est considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le cœur de la critique. Pour évaluer la « qualité institutionnelle » d&rsquo;un État, Fitch et Moody&rsquo;s s&rsquo;appuient notamment sur les Indicateurs mondiaux de gouvernance de la Banque mondiale. Or ces indicateurs agrègent des dizaines d&rsquo;enquêtes d&rsquo;opinion et d&rsquo;évaluations d&rsquo;experts. Autrement dit, un repère présenté comme objectif repose lui-même sur des perceptions, dont certaines n&rsquo;ont qu&rsquo;un lien lointain avec la capacité d&rsquo;un État à honorer une échéance obligataire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les agences défendent leur approche : leurs méthodologies sont publiques et détaillées depuis la crise de 2008, et le jugement d&rsquo;expert reste indispensable pour apprécier une volonté de payer, qui ne se réduit à aucune formule. Leurs critiques répondent que ce jugement, appliqué à des économies mal couvertes par les données, produit une prime structurelle qui n&rsquo;a rien à voir avec les taux de défaut observés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme est simple et brutal. Une note plus basse signale un risque plus élevé ; les investisseurs exigent alors un rendement supérieur pour l&rsquo;accepter. Sur une émission obligataire de plusieurs centaines de millions de dollars, deux points de taux supplémentaires représentent, sur dix ans, l&rsquo;équivalent d&rsquo;un budget d&rsquo;infrastructure entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;effet le plus pervers touche les pays non notés. Faute de couverture par les trois grandes, ils n&rsquo;ont jamais pu tester leurs conditions réelles d&#8217;emprunt sur les marchés internationaux et restent cantonnés aux financements concessionnels des bailleurs. L&rsquo;absence de note fonctionne alors comme une mauvaise note.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2026, Moody&rsquo;s a confirmé la note ivoirienne à Ba2 avec perspective stable. Deux crans sous la catégorie investissement, mais parmi les meilleures signatures d&rsquo;Afrique subsaharienne. Les motifs cités sont concrets : une croissance attendue entre 6 et 7 % par an, un déficit maintenu autour de 3 % du PIB conformément aux normes de l&rsquo;UEMOA, des recettes fiscales passées de 12,7 % du PIB en 2022 à environ 15 % en 2025, et une dette publique projetée en repli de 59 % du PIB en 2024 à 56 % en 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réserves des analystes sont tout aussi explicites : dépendance persistante aux recettes du cacao, progression de l&rsquo;endettement et sensibilité aux aléas régionaux. Le Botswana, Maurice et le Cap-Vert conservent, eux, les meilleures notations du continent — signe qu&rsquo;une bonne signature africaine reste possible, mais qu&rsquo;elle se construit sur la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet est monté jusqu&rsquo;au G20. Sous présidence sud-africaine, l&rsquo;agenda a intégré la promotion de notations souveraines plus transparentes et la question du coût du capital pour les économies en développement, avec la proposition d&rsquo;une commission dédiée. Pour beaucoup de responsables africains, c&rsquo;était la première occasion de porter le débat dans une enceinte où il ne pouvait plus être ignoré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux pistes se dessinent en parallèle. La première consiste à diversifier les sources de notation et de financement, en s&rsquo;appuyant davantage sur les marchés régionaux — la BRVM à Abidjan, la Bourse de Johannesburg, celle de Nairobi. La seconde, portée au niveau de l&rsquo;Union africaine, vise la création d&rsquo;une agence de notation panafricaine capable de produire des évaluations concurrentes. Sa crédibilité dépendra entièrement de son indépendance vis-à-vis des États qu&rsquo;elle notera, et c&rsquo;est là que le projet est attendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour qui place son épargne, ces débats ont une traduction pratique. Une note souveraine reste une opinion, pas un verdict : elle synthétise utilement une masse d&rsquo;informations, mais elle ne dispense pas de lire les fondamentaux. Croissance, structure des recettes, échéancier de la dette, dépendance à une matière première : ces éléments sont publics et souvent plus parlants qu&rsquo;une lettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si l&rsquo;écart entre le risque perçu et le risque constaté est réel, il désigne aussi une opportunité. Les marchés qui corrigent leurs anomalies de prix récompensent ceux qui les ont identifiées avant tout le monde. Encore faut-il que la correction vienne — et elle ne viendra pas des agences seules.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À lire aussi sur AFRIKSHOW : <a href="https://afrikshow.com/category/economie/economie-marches-bourse/">Marchés &amp; Bourse</a> et <a href="https://afrikshow.com/category/economie/economie-banques-finance/">Banques &amp; Finance</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sources : Moody&rsquo;s Ratings, Fitch Ratings, Union africaine, Banque mondiale (Worldwide Governance Indicators), portail de l&rsquo;économie ivoirienne.</em></p>
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