📅 samedi 18 juillet 2026  |  ● LIVE
BREAKING🌍 Or : le Ghana dépasse les 20 milliards de dollars d’exportations en 2025 et mise sur la transformation locale🌍 Festival Interfolk. Spectacle de l’Afrique du Sud – Le Pays Roannais🌍 D’Abidjan aux podiums internationaux, la révolution ivoirienne de la mode – MSN🌍 Mode africaine : du patrimoine au luxe international – MSN🌍 Ce week-end à Quimper : l’Afrique à l’honneur, des concerts, un pardon, un spectacle de fauconnerie – Actu.fr🌍 Programme TV Championnat des nations 2026 : Sur quelles chaînes et à quelle heure suivre la Journée 3 le 18 juillet ? – programme-tv.net🌍 Bonjour tout le monde !🌍 Sommet : remise de prix et exposition sur l'immobilier en Afrique 2026 – Accra | Évènements – Capmad
Publier une annonce
PUB

Hôtel Ivoire ★★★★★

Séjour de prestige avec vue lagune à Abidjan

Réserver
Afrique de l'Ouest

Or : le Ghana dépasse les 20 milliards de dollars d’exportations en 2025 et mise sur la transformation locale

Lingots d'or empilés symbolisant la richesse et la prospérité
Le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, a exporté près de 20 milliards USD de métal jaune en 2025. (Photo : Pixabay / Pexels, licence CC0)

Porté par un métal jaune qui pèse près des deux tiers de ses recettes extérieures, le Ghana veut désormais transformer sa production sur place plutôt que d’exporter du brut. Un pari de souveraineté minière qui doit se faire sans effrayer les investisseurs.

Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana a franchi un cap symbolique en 2025 : ses exportations aurifères ont approché les 20 milliards de dollars, un niveau record qui redessine l’équilibre économique du pays. Fort de cette manne, Accra affiche désormais une ambition claire — capter une plus grande part de la valeur en développant le raffinage et la transformation locale.

Cette orientation a été défendue le 8 juillet 2026 à Paris, lors du panel de clôture du sommet Mining on Top Africa, par Theophilius Kekeli Agbenezi, responsable principal du suivi et de l’évaluation à la Commission des minéraux du Ghana. Selon lui, le pays ne peut plus se contenter d’expédier ses minerais à l’état brut : l’enjeu, désormais, est celui de la souveraineté sur les ressources, à travers l’investissement dans le traitement, le raffinage et la fonderie sur le sol ghanéen.

Une rente aurifère au cœur des comptes extérieurs

Les chiffres publiés par la Banque du Ghana donnent la mesure du phénomène. En 2025, les recettes totales d’exportation du pays ont atteint 31,1 milliards de dollars, contre environ 19,1 milliards un an plus tôt. Cette envolée s’explique avant tout par le doublement des exportations d’or, qui ont culminé autour de 20,9 milliards de dollars.

Résultat : le Ghana a dégagé un excédent commercial d’environ 13,66 milliards de dollars sur l’année, alimenté principalement par l’or mais aussi par le cacao et le pétrole. D’après Fitch Solutions, le métal jaune a représenté près de 75 % des exportations de marchandises du pays en 2025, faisant du secteur un véritable amortisseur face aux chocs géopolitiques et à la volatilité du cedi, la monnaie nationale.

Le Fonds monétaire international confirme le poids du secteur : le Ghana figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux, avec une production dépassant 4,5 millions d’onces en 2024, soit une part importante de son PIB.

Réformes profondes et bras de fer avec les investisseurs

Pour capter une part plus large de cette richesse, le gouvernement a engagé une refonte de la gouvernance minière : retrait de certains permis, recours à l’arbitrage international et création d’un organisme public dédié au commerce de l’or.

Cette structure, le Ghana Gold Board, centralise les achats d’or et applique le droit de préemption de l’État sur une partie de la production des grandes mines — au moins 0,57 tonne par semaine, selon les orientations du ministère des Finances.

Un premier jalon a été posé fin avril 2025, avec un accord conclu entre le Gold Board et neuf grandes compagnies minières. Celui-ci prévoit la livraison locale de 20 % de l’or destiné à l’exportation, afin d’approvisionner l’État et de renforcer la traçabilité de la filière. Fin 2025, les exportations des grands groupes miniers atteignaient 96,6 tonnes, valorisées à près de 9,2 milliards de dollars, tandis que l’or artisanal capté par le Gold Board générait plus de 10 milliards de dollars de devises.

Cette reprise en main ne va toutefois pas sans tensions. Certains acteurs du secteur, à l’image de James Wallbank, associé gérant du fonds Ibaera Capital Mining Fund, mettent en garde : le retrait de licences, les litiges juridiques et les conflits avec les autorités écornent la réputation du pays. Pour ramener les capitaux internationaux, plaide-t-il, l’État doit clarifier le cadre réglementaire.

Le pari de l’industrialisation et des incitations ciblées

Au-delà de l’or, Accra construit une stratégie d’industrialisation plus large. Le pays s’appuie notamment sur la Ghana Integrated Aluminium Development Corporation (GIADEC) et la Ghana Integrated Iron and Steel Development Corporation (GIISDEC) pour accroître la valeur ajoutée locale dans ses chaînes minières.

Pour rendre le secteur plus attractif, le gouvernement a également annoncé plusieurs mesures incitatives, dont la suppression de la TVA de 15 % appliquée aux activités d’exploration et de reconnaissance minières.

La capacité du Ghana à préserver des excédents commerciaux solides en 2026 et 2027 dépendra largement de sa faculté à maintenir les recettes aurifères autour des 20 milliards de dollars atteints en 2025, tout en montant progressivement en puissance sur le raffinage. Les premiers signaux sont encourageants : à fin avril 2026, l’or avait déjà généré plus de 6,86 milliards de dollars d’exportations.

Un programme de préemption soumis au Parlement

Devant les députés, le ministre des Finances a détaillé un dispositif fondé sur le droit de préemption de l’État, qui prévoit l’achat d’un minimum de 0,5 tonne d’or par semaine auprès des mines industrielles. L’objectif affiché : mobiliser plus de 20 milliards de dollars de devises par an grâce aux ventes d’or.

Piloté sur un horizon de trois ans, le programme combinera achats auprès des grandes mines et collecte renforcée d’or artisanal — de quoi accroître encore le poids du métal jaune dans les flux de change du pays.

Le véritable test viendra début 2027, lorsque la Banque du Ghana publiera ses données annuelles pour 2026. Ces statistiques diront si Accra a réussi à franchir durablement, ou simplement à stabiliser, le cap symbolique des 20 milliards de dollars de recettes aurifères.


Sources : Banque du Ghana (rapport de politique monétaire, janvier 2026), FMI, Fitch Solutions, Ghana Gold Board, Ghana News Agency, Parlement du Ghana, Africa24.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

📤 Partager